Arrimer et bâcher un chargement : les erreurs qui coûtent cher
La marchandise qui manque à l'arrivée s'est rarement envolée d'un coup. Elle a glissé à chaque freinage, frotté contre la ridelle sur trois cents kilomètres de piste, ou pris l'eau sous une bâche mal tendue. Le chargement se joue avant de démarrer, pas sur la route. Un camion bien chargé arrive entier ; un camion chargé à la va-vite fait perdre de la marchandise, du temps, et parfois bien plus.
Répartir avant de sangler
Le premier réflexe, ce n'est pas la sangle, c'est où on pose la charge. Le poids va au fond et au centre, réparti sur l'essieu, jamais tassé d'un côté. Un camion déséquilibré tire à droite ou à gauche, use un pneu plus vite que l'autre et se couche plus facilement dans un virage de piste. Sur du sable ou du gravier, on égalise pour que la benne ne travaille pas en porte-à-faux.
Ce qui est lourd et dur en bas, ce qui est fragile au-dessus. Un sac de ciment sur des tôles, ça passe ; des tôles sur des sacs, ça les crève.
Le vide, c'est l'ennemi
Entre deux charges, un espace laissé libre finit par se remplir de mouvement. La palette qui a dix centimètres pour bouger va bouger, et à la fin de la journée elle a défoncé sa voisine. On cale. Un pneu usagé, une planche, un sac calé en coin, ce que le chargement offre. Mais on ne laisse pas un bloc libre de glisser.
C'est encore plus vrai sur nos routes. Une piste latéritique secoue en permanence, et ce qui tient sur le bitume de Niamey se met à danser dès qu'on sort de la ville.
La sangle qui tient, et celle qui ment
Une sangle sert à empêcher la charge d'avancer quand le camion s'arrête net. Elle doit passer par-dessus la charge et tomber droit de chaque côté, tendue au tendeur, pas nouée à la main. On la vérifie du regard tous les arrêts : une sangle se détend en roulant, et une sangle molle ne retient rien.
Deux erreurs qu'on voit trop. La sangle qui frotte contre une arête vive de tôle ou de fer à béton : elle coupe, elle lâche d'un coup, et sans protège-angle elle ne fait pas la moitié de la route. Et la corde de récupération à la place d'une vraie sangle : ça dépanne un jour, ça casse le mauvais jour. Le matériel d'arrimage n'est pas là pour décorer.
Bâcher, surtout à la saison des pluies
La bâche protège de deux choses : la pluie et la perte en route. À la saison des pluies, un chargement de ciment ou de matériaux qui prend l'eau, c'est de la marchandise perdue avant même d'arriver : le sac durcit, le fer rouille. Une averse peut tomber en pleine journée sur un ciel qui était clair une heure plus tôt.
Une bâche se tend, elle ne se pose pas. Une bâche qui claque au vent finit déchirée, et sous une bâche qui bâille l'eau entre par le bas. On la fixe partout, on rentre les coins, on vérifie qu'aucun angle ne prend l'air. Une bâche mal attachée qui s'envole, c'est un danger pour la voiture derrière, pas seulement une gêne.
Le tour du camion avant de partir
Avant de rouler, on fait le tour. Charge répartie, sangles tendues, bâche fixée, rien qui dépasse des ridelles, rien qui traîne au sol. Ça prend quelques minutes et ça évite de tout défaire au premier poste de contrôle, ou de ramasser un chargement au bord de la route à mi-chemin.
Chez HBL, c'est le chauffeur qui charge et qui répond de son chargement. Il connaît son camion, il connaît les axes, et il sait qu'un chargement bien tenu au départ, c'est une livraison qui arrive entière. C'est pour ça qu'on ne part pas tant que le tour n'est pas fait.
Dites-nous quoi, d'où et vers où. On charge, on arrime, on livre, et le devis est fixé avant de partir.
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