Bien préparer une livraison de sable, gravier ou latérite sur un chantier
Le sable, le gravier et la latérite arrivent par benne entière. Quand le camion se présente et qu'il n'y a personne pour dire où décharger, ou que le sol est trop meuble pour qu'il approche, la matinée est perdue et la benne repart pleine. La livraison se prépare avant qu'elle arrive, pas au moment où le chauffeur klaxonne devant le portail.
L'accès, d'abord
Un camion chargé de granulats est lourd et il ne se faufile pas. Avant la commande, on regarde par où il entre : la largeur du portail, la hauteur si un mur ou une branche dépasse, la place pour tourner et surtout pour lever la benne. Une benne se vide en basculant vers l'arrière, il lui faut du dégagement au-dessus et derrière.
À la saison des pluies, le vrai piège c'est le sol. Une cour qui paraît sèche peut cacher une couche molle en dessous, et un camion de plusieurs tonnes s'y enfonce jusqu'au pont. On repère un point d'appui ferme, on prévient si le terrain est douteux, et on ne fait pas approcher la benne là où on n'oserait pas rouler soi-même en voiture.
Où décharger, et pas ailleurs
Le tas se pose une fois. Le déplacer à la pelle, c'est des heures de main-d'œuvre pour rien. Alors on choisit l'endroit avant : au plus près de là où le matériau va servir, à l'écart du passage des autres véhicules, et pas contre un mur ou en travers de la seule entrée.
Un point qui se néglige : le sable posé à même la terre se mélange à la terre. Sur un sol de latérite ou de poussière, la base du tas se salit vite, et ce sable-là ne vaut plus rien pour un enduit propre. Si le sable doit rester quelques jours, une vieille bâche ou une aire dure en dessous, ça change ce qu'on récupère.
Quelqu'un pour recevoir
Le chauffeur livre, il ne devine pas. Une personne qui connaît le chantier doit être là pour lui indiquer l'endroit, ouvrir ce qu'il faut ouvrir, et regarder ce qui descend. C'est le moment où on vérifie que c'est bien ce qui a été commandé : le sable propre et pas mêlé de gravier, le gravier au bon calibre, la latérite sans blocs de pierre au milieu.
C'est aussi le moment de garder une trace. Le bon de livraison se signe à la réception, pas le lendemain de mémoire. On note ce qui est arrivé et le jour. Si quelque chose cloche sur la marchandise, ça se dit tout de suite au chauffeur et à nous, tant que la benne est encore là.
Le volume, on ne le juge pas à l'œil
Un tas de sable, ça trompe. Étalé il paraît énorme, en cône il paraît maigre, et la même quantité change de tête selon qu'elle est sèche ou tassée par la pluie. Ce qui fait foi, c'est la charge du camion, pas la forme du tas au sol. Commander en pensant à ce que le chantier consomme, plutôt qu'à l'impression que donne une benne vidée, évite d'en reprendre trois fois ou d'en avoir trop qui traîne.
Un dernier regard avant de commander
Le camion peut entrer et tourner, le sol tient, l'endroit du tas est choisi, quelqu'un sera là. Ces quelques minutes de préparation valent plus que tout le reste : c'est la différence entre une benne qui décharge en dix minutes et repart, et une livraison qu'on refait.
Dites-nous quoi, combien et où. On charge à la carrière, on livre sur le chantier, et le prix est fixé avant que le camion parte.
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